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Bouleversement dans le monde des serveurs




Les fabricants de serveurs sont en train de vivre un bouleversement important. En effet, la donne stratégique est fondamentalement modifiée par l'arrivée du « modèle PC » dans les serveurs.
Lancé dans les années 80, ce modèle se caractérise par le fait qu'une plate-forme technologique n'est pas maîtrisée par un seul acteur, mais par plusieurs en symbiose d'intérêts.

Quand HP vend des PC, il ne maîtrise véritablement ni le système d'exploitation (affaire de Microsoft) ni le processeur interne (domaine d'Intel). Ainsi le monde du PC est-il une symbiose à trois acteurs : Intel, Microsoft et le « fabricant de PC » , tous en convergence d'intérêts. Pour être plus précis, il conviendrait d'ajouter d'autres acteurs à la marge ­ en particulier ceux qui proposent des adaptateurs ou des disques... Mais restons simples. Fait notable : ceux qui ne sont pas entrés dans ce jeu, tel Apple, se sont cantonnés à un marché de niche.

Le modèle « serveur à l'ancienne » , à l'opposé, est l'affaire d'acteurs qui assument à peu près tout : processeur, système d'exploitation et assemblage architectural. Ainsi connaît-on bien les trios Sun/ Sparc/Solaris, HP/PA-Risc/HP-UX ou IBM/Power/AIX, qui dominent le marché Unix. Evidemment, certains éléments ­ mémoires, disques ou adaptateurs ­ sont l'objet d'un marché qui s'est un peu ouvert. Mais le coeur du système est propriétaire. C'est ce modèle qui est menacé.

D'abord parce que les processeurs maison des constructeurs (Risc) sont de moins en moins adaptés à cette évolution et qu'ils arrivent en fin de cycle technologique. Avant de se lancer dans des investissements coûteux, les constructeurs réfléchissent. HP, par exemple, a fait le choix il y a déjà longtemps, de l'Itanium d'Intel... Même si le marché l'adopte lentement, car il s'agit là d'une vraie rupture.

Ensuite parce que, avec Linux, maintenir son propre Unix se justifiera de moins en moins. Ainsi, la symbiose à trois pourrait s'opérer pour les serveurs. Comment se répartiraient alors les rôles ? Intel ­ et AMD ­ souhaitent jouer le rôle de fournisseur universel de processeurs. Comment réagissent les "constructeurs" :


HP joue absolument le jeu ; il est agnostique et vend ce que le marché achète ; on peut en dire autant de Dell. Ces deux acteurs ajustent leur logistique, valeur ajoutée qui leur reste.
IBM -comme toujours- garde plusieurs fers au feu et ne met pas tout dans la corbeille Intel. Il lui faut poursuivre Power dans lequel il a mis beaucoup d'argent. Il lui faut poursuivre la vache à lait mainframe (même si elle est en perte de vitesse).

Sun se tient en grande partie à l'écart et voit encore les choses à l'ancienne. Cette attitude est très coûteuse, car en essayant de jouer sur tous les tableaux il annihile les effets leviers possibles. Là où il faut faire du volume (serveurs AMD) il pousse Solaris x-86 (ça intéresse qui ?). Là où il faut faire des revenus, il met son OS (le "vrai" Solaris, celui qu'on est prêt à payer) en Open Source. Sun se coupe des volumes et s'empêche de faire des marges...

Pour le système d'exploitation, il semble que les constructeurs ­ -IBM en tête- ­ souhaitent très nettement voir plutôt Linux jouer un rôle que Microsoft. Mieux vaut pour eux que le système d'exploitation soit contrôlé par une communauté sur laquelle ils peuvent influer plutôt que par une société ayant déjà une position stratégique ailleurs. Le marché, lui, quand on regarde les chiffres, préfère Windows. Sun se met une fois de plus à l'écart, comme s'il souhaitait devenir l'Apple du serveur.

Conclusion : le monde du serveur est devenu celui d'une symbiose avec Intel+AMD pour le processeur, Linux + Windows pour l'OS et des logisticiens pour "constructeurs". Nous couvrons là 95% des ventes 2005 en nombre.

Banalisation du processeur, banalisation de l'OS... La valeur ajoutée, on le voit, se trouve ailleurs, ­ essentiellement dans le middleware ou le service. Il sera intéressant d'observer les rôles que les acteurs en place arriveront à prendre. A suivre, donc !

E.B. Sirius
Samedi 30 Septembre 2006

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