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Cloud public et disponibilité font-ils bon ménage ?


Régulièrement des pannes assez simples sont relatées qui mettent en cause un service de type cloud public : tantôt la rupture d'un câble sous-marin sature Google, tantôt un pylône écroulé arrête Amazon...
Le cloud public est-il si fragile qu'on ne puisse rien y trouver de disponible ?



Cloud public et disponibilité font-ils bon ménage ?
La disponibilité est une notion composite

Un préliminaire mathématique est nécessaire. La disponibilité se décompose en deux parties: la "fiabilité" d'une part et la "réparabilité" d'autre part.

- La fiabilité consiste à rester longtemps en état de marche sans interruption due à une panne ou une maintenance.
- La réparabilité consiste après une panne, à pouvoir remettre en état de marche très vite et aisément ce qu'il faut pour assurer le service.

La combinaison de ces deux paramètres est variable, à disponibilité égale, tel système peut être très fiable et peu réparable, alors que tel autre sera moins fiable et plus réparable.

Les informaticiens privilégient la fiabilité

Culturellement depuis le mainframe l'informatique a toujours cherché à offrir la meilleure fiabilité possible. La raison essentielle était que l'autre option (être réparable aisément) n'était pas possible sauf à mettre un technicien IBM avec des pièces détachées derrière chaque machine ! Il fallait donc être fiable pour être disponible.

Deux évolutions ont bousculées cette approche :
- La multiplication des machines standards peu chères et interchangeables essentiellement avec les serveurs x-86 : il devient facile de remplacer en dix minutes un serveur en panne par un autre.
- La répartition des applications sur n machines : une panne n'est ressentie que par 1/n des usagers.

Bref dans l'ensemble des tactiques de type "peu fiable"/ "très réparable" sont devenues jouables, et de plus peu onéreuses.

Le cloud computing en version publique est plutôt fragile

Par sa construction mondiale, composite et variable le cloud en accès public ne peut pas être aussi fiable que d'autres approches sur liaison dédiée. Il y aura toujours une rupture de câble en mer ou un pylone quelque part prêt à s'écrouler qui menaceront l'édifice ! Un chalutier égyptien peut donc interrompre le travail de centaines de personnes en Europe du nord.

Il serait illusoire de penser que l'on peut rendre très fiables tous les éléments qui séparent l'usager du cloud des serveurs d'applications qu'il emploie. La chaîne de fiabilité à considérer est beaucoup trop complexe et variable... Même si on peut améliorer la fiabilité du cloud public, l'un des problèmes qui se pose est de savoir qui s'en occuperait ?

Bref il vaut mieux poser comme postulat que le cloud en accès public est peu fiable...d'où la question qui vient d'elle-même :


Le cloud est-il réparable aisément ?

Ou dit avec une vision d'utilisateur : la disparition d'un service sur le cloud est-elle vite palliée par l'apparition d'un service équivalent ?

La réponse à cette question est difficile pour deux raisons :
- Les responsabilités sur ce qui risque de tomber en panne dans le cloud sont multiples et réparties entre plusieurs entités.
- Un certain nombre de pannes sont dites "de mode commun" c'est à dire qu'elles vont toucher transversalement des moyens pricipaux et des moyens de secours.

Si l'on limite l'analyse au fournisseur ultime (genre Google ou Amazon) la réponse est probablement positive car les grands acteurs du cloud sont les premiers adeptes du "peu fiable/réparable" réparti sur n serveurs. La panne durera au pire trente minutes...

Si l'on élargit le champ à tout ce qui sépare l'usager de son fournisseur ultime en cloud public, cela devient difficile car la "détermination du problème" est complexe et répartie sur plusieurs acteurs. On ne sait pas tout de suite que cela ne marche pas ; finalement il n'y a que l'usager à le savoir... petit à petit on cerne le problème et il faut quelques heures avant de "voir d'où cela vient"...en corroborant des événements techniques. Sur ce point d'ailleurs l'acteur qui dispose d'éléments techniques aux deux extrémités (serveurs et terminaux) dispose d'un point de vue irremplaçable pour prendre un rôle central (de l'intérêt du navigateur Chrome pour Google !).

Politique de "peu fiable/réparable" pour les prestataires finaux et comportement de type "détermination de problème à l'amiable" pour les acteurs intermédiaires: tout cela n'assure pas une "haute disponibilité" du service à l'utilisateur à cinq neuf ! (99,999%).

En revanche, tous les utilisateurs n'ont pas besoin de ce niveau de disponibilité pour toutes leurs applications. Les analyses marketing n'ont pas les mêmes exigences que, par exemple, la production bancaire. Le cloud public est aussi un choix attractif pour au moins une partie des ressources nécessaires pour les équipes de développement.

Mais le cloud offre du secours !

Finissons par une note positive qui de plus remet la DSI au centre du jeu : le cloud computing offre des éléments de back-up ou de secours avec lesquels une DSI peut composer pour améliorer la disponibilité du service.

Dans une vision hybride de l'informatique, la DSI offre des services sur des moyens internes avec bascule possible sur des moyens en cloud externe. A titre d'exemple on peut citer la messagerie électronique, du stockage de secours pour PC mobiles, des outils de CRM, etc.

Le cloud est alors utilisé comme moyen de secours ou de débordement. Il peut servir à améliorer pour l'entreprise la disponibilité des services jugés essentiels en mode plein ou dégradés selon les cas.


Moralité : le cloud public n'est pas très disponible mais il offre des solutions pour que vous le soyez davantage.
Emmanuel Besluau
Samedi 29 Mai 2010

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