Cela étant dit, posons-nous les questions suivantes
Les systèmes qui sont en cause dans l’affaire citée plus haut ne sont pas des PCM comme autrefois mais s’appuient sur un processeur du marché : l’Itanium d’Intel. Ce dernier a son jeu d’instructions bien à lui, ses propres registres, son accès mémoire et entrée-sortie et. Il faut donc émuler le jeu 370 (pardon, mainframe) et réaliser des adaptations diverses avec l’overhead que cela représente (et que d’ailleurs l’Itanium doit fort bien pouvoir supporter). Sommes-nous vraiment en présence de « compatibles » ?
L’architecture des machines ainsi créées ne ressemble pas à celle du mainframe, autrement dit, il faut probablement retoucher beaucoup de choses dans un existant mainframe pour pouvoir recourir à ces machines. Or c’est justement ce que vend IBM avec son mainframe : « on ne retouche rien, cela marche : on ne modifie pas ! » dans le cas présent le doute s’installe : ne faut-il pas recompiler ceci ou cela ? Et nos 30 000 programmes Cobol ? Quid des nouveaux développements ? Etc. Or le doute n’est pas mainframe !
S’il faut modifier des choses, cela forcerait IBM à fournir des détails sur son implémentation système et irait fort probablement au-delà de ce qu’on exigeait de lui à l’époque des « compatibles ». La justice US ira-t-elle jusque là ?
Les éléments modifiés ainsi seraient centraux : représenteraient-ils une zone de risque entre les mains d’un tiers non IBM ? Quelle assurance ? Quelle pérennité ? IBM devrait-il les assumer ? A quel titre ?
IBM continuerait à percevoir des droits de licence pour son système d’exploitation : combien percevrait le fabricant de la machine ? A priori beaucoup moins. Sauf si la machine est grosse : auquel cas le support de l’OS (forcément par IBM) devient critique ! Si la machine à l’inverse est petite où est l’intérêt du constructeur ? On voit mal l’économie de la chose ! Eventuellement pour de petites configurations à faible enjeu. A quel niveau se situe-t-on : 500 MIPS ? Moins de 100 MIPS ? Le client à 20 000 MIPS (cas d’une banque moyenne en Europe) n’est donc ni dans la cible culturelle ni dans la cible technique.
Où se situe donc la cible ? A priori donc dans les entreprises pour lesquelles la base mainframe est devenue marginale et demeure, pour des raisons diverses, indispensable malgré tout. Si cette entreprise consolide sur des serveurs par exemple de type HP à base d’Itanium, on peut imaginer un intérêt effectivement. Mais est-ce l’intérêt d’HP qui a repris EDS, de se fâcher avec big blue ? Ne lui vaut-il pas mieux reprendre cela en infogérance à coût marginal dans EDS ?