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Halte aux PCA bidons !


Dans nos missions nous voyons quelquefois des ‘PCA vitrines’ qui cherchent à susciter la confiance tout en masquant la réalité et occultant les problèmes.

Bien que les normes tendent à y mettre un terme, nous en voyons encore trop.

Revue de quelques travers.



Halte aux PCA bidons !

Travers N°1 : "On vous remet tous les postes de travail en deux mois"

Les représentants de cette tendance présentent des tableaux Excel très fournis dans lesquels, service par service, le remplacement des postes de travail est prévu jusqu’au dernier.

Les premier délais de reprise sont souvent assez courts (4 heures) et vont jusqu’à deux mois quelquefois. On raisonne en suivant l’organigramme.

Ces approches font très souvent l’impasse sur les autres moyens indispensables au service comme l’informatique. On nous dit alors : « l’informatique a son Plan (dénommé PCIT ou autre) cela ira ».

Il existe quatre défauts majeurs à cette manière de faire :

  • Elle développe sur deux mois un plan implacable de remplacement de certains moyens qui ne tient pas compte de la réalité du sinistre

  • Elle n’est pas coordonnée avec l’ensemble des autres moyens nécessaires et s’avère donc en fait peu utile

  • Autant il est intéressant de prévoir quelque chose pour les premiers instant après sinistre, autant il est peu utile d’aller au-delà d’une à deux semaines, car on entre dans une zone d’inconnu trop forte à prévoir et on risque de faire une préparation trop coûteuse

  • Enfin, cette approche remplace des moyens en premier lieu et ne se préoccupe finalement pas beaucoup de redémarrer le service au client ou la production sinistrée.

Nous recommandons certes de prévoir des reprises de postes de travail mais à minima et focalisée sur l’urgent prioritaire. Au-delà, on verra, il faudra s'adapter.

Travers N°2 : "Peu importe le sinistre car on ne peut tout prévoir"

Sous le prétexte qu’on ne peut prévoir ce qui peut se passer comme catastrophe, on n’évalue aucun scénario de sinistre.

On bâtit donc la reprise en faisant abstraction de ce qui a provoqué l’arrêt.

L’analyse de risques est alors négligée ou trop peu approfondie, ce qui conduit aux problèmes suivants :

  • Ne connaissant pas les scénarios de sinistre, on met le site de secours dans la même zone inondable que le site primaire (authentique)…mais à trente kilomètres ! La stratégie de reprise est inadaptée.

  • Aucune prévention n’est faite pour atténuer les risques. Or une simple appréciation d’une quarantaine de risques courants permet de déterminer des actions de réduction tout à fait appréciables (ex : se doter d’un générateur face au risque de coupure de courant).

  • La planification de la reprise ne tient absolument pas compte du sinistre et est donc irréaliste : on prévoit de faire venir un conteneur de serveurs sur le parking, alors que celui-ci sera sous un mètre d’eau ; on prévoit de redémarrer les systèmes informatiques sur une autre salle alors que les ingénieurs système ne pourront plus du tout travailler et que les consoles sont mortes et non déportées…

Bien sûr, on ne peut pas tout prévoir ! Mais on peut se prémunir de ce qui est le plus à craindre, prendre conscience d’une hiérarchie des risques afin aussi d’agir raisonnablement.

Se préparer à l’imprévu est aussi un état d’esprit à avoir.

Travers N°3 : "Qui fera quoi suite à sinistre ? On verra bien !"

Qui devra s’occuper de ce qu’il y aura à faire suite à sinistre ? Qui devra récupérer les moyens récupérables et qui mettra en route ce qu’il faut en secours ? On verra quand on y sera.

Ce type de réaction existe très souvent malheureusement !

Les tenants de cette approche prévoient en général une cellule de crise de haut niveau qui devra faire face à la crise c’est-à-dire gérer l’impréparation !

Or la reprise suite à sinistre, cela se prépare !

Il est vrai qu’il est très difficile de savoir dans le détail ce qu’il y aura à faire. Mais il est aussi vrai qu’il faut décider avant le sinistre qui sera en charge de quoi. Sinon on tourne en rond, on ne décide pas et on perd du temps en laissant les choses dégénérer.

Prévoir qui sera responsable de quoi suite à sinistre est donc un élément majeur de préparation.

On peut anticiper certaines étapes comme par exemple :
- Qui évaluera les dégâts ? les suites ? les évolutions ?
- Qui décidera de prévenir qui et pourquoi ?
- Qui décidera de passer sur le secours, d’activer le plan ?
- Qui travaillera à la mise à l’abri du site sinistré ?
- Qui travaillera à la reprise des moyens ?
- Qui se préoccupera des métiers et services prioritaires ?
- Comment on communiquera ? entre nous ? avec les clients ? les autorités ?
- Qui déterminera ce que deviennent les personnels (ils rentrent chez eux ? 20 pers vont là-bas ?) et demain ?
- Qui pensera aux modes dégradés de service ? au retour à la normal ?
- Qui coordonnera les actions et travaux sur les différents sites impliqués ?
- Qui suivra les frais ? les avances ? les coûts ?
- Etc.

On le voit sur ces exemples, il est possible de prévoir beaucoup de choses avant sinistre, avec bien sûr un responsable et ses deux remplaçants.

Cela va bien au-delà d’une cellule de crise identifiant quelques DG et un RPCA désemparé…

Moralité : visons l'essentiel

Une bonne approche de la continuité a pour objectif de protéger l’essentiel et de favoriser en cas de coup dur la reprise du prioritaire dans un mode suffisant. Visons bien cet objectif.

Nous espérons avoir évoqué des pistes permettant d’améliorer les PCA en les rendant réalistes, ciblés sur l’essentiel, efficaces et probablement pas plus onéreux.

Emmanuel Besluau
Dimanche 19 Janvier 2014

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