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La continuité d'activité à l'hôpital : mission impossible ?


Les hôpitaux en France ont construit progressivement leur informatique en ordre dispersé. Des décisions locales ont été prises sans grande concertation.

Avec le temps, les moyens techniques s'accumulent, vieillissent et la complexité s'accroît. Tout cela n'est pas favorable à la Continuité d'activité qui nécessiterait une approche plus ordonnée et concertée.



Des bases traditionnelles et quelques originalités

Les hôpitaux possèdent des équipements informatiques très traditionnels:
- des postes de travail de type PC, souvent équipés en mode clients légers ;
- des serveurs de type Intel équipés de Windows Server et de bases de données MS SQL Server ;
- quelques serveurs Unix (plus rares) pour des applications et des bases de données de type Oracle.

On y trouve cependant aussi des matériels beaucoup plus spécifiques comme :
- des terminaux dotés d'écrans tactiles de grande taille qui commencent à se répandre et doivent pouvoir accéder à partir du lit du malade à diverses sources d'informations ;
- des matériels d'imagerie médicale qui génèrent de gros volumes de données et nécessitent de grosses capacités de traitements.

Dans un hôpital de taille moyenne, on trouvera ainsi quelques milliers de terminaux multi-média, quelques milliers de PC ; quelques centaines de serveurs x-86 et quelques dizaines de serveurs Unix.

Une certaine méconnaissance des usages

Il est courant que dans une entreprise qui dépasse la dizaine de serveurs, les équipes informatiques ignorent ce à quoi ils servent précisément.

Lorsqu'on évoque la continuité d'activité, on pense à doubler les serveurs et c'est à ce moment là que l'ignorance coûte cher ou bloque la démarche : il n'est en effet pas question de tout doubler ! Il faut cibler l'effort !

La méconnaissance des usages par les informaticiens ( "à quoi sert tel serveur dans l'hôpital ?") est doublée d'une méconnaissance symétrique des moyens techniques par les usagers, médecins ou personnels hospitalier ("quel matériel me sert quand je fais tel acte ?"). Cette double ignorance est génératrice de coûts et pénalisante quand il s'agit de continuité d'activité.

Dans ce contexte, l'attention forte portée au "dossier médical" peut faire figure d'exception qui est probablement justifiée par des considérations de confidentialité.

Il est important d'obtenir une vision sur les services critiques

Dans le cadre d'une démarche ordonnée de construction de PCA il est nécessaire de déterminer les activités hospitalières critiques et les délais d'interruption maximale admissibles. Cette analyse -qui doit rester simple et rapide- s'appelle le BIA et il nous semble qu'elle n'a pas été menée de manière générale.

Or, seule cette connaissance des activités critiques et de leurs paramètres de reprise permet de construire un PCA convenablement ciblé et de coût proportionné aux enjeux.

Ils sera temps ensuite de décider des résiliences ou des moyens de reprise des moyens techniques dont les ressources informatiques font partie.

Il faut probablement aussi restructurer les moyens informatiques

Tout équipement de type serveur x-86 agé de plus de trois ans est un candidat sérieux à la restructuration.
Les considérations en terme de consommation électrique et de puissance informatique y poussent.

Le remplacement de centaines de serveurs de ce genre sera doublé d'une démarche de virtualisation qui sera intéressante, car :
- elle permettra de réduire fortement le nombre de serveurs physiques et les coûts d'environnement associés;
- elle permettra de poser les bonnes questions sur les usages des moyens ;
- elle tiendra compte des exigences exprimées lors du BIA ;
- elle introduira des outils de reprise et autre facilitateur de la continuité.

Enfin des actions de restructuration menées sur plusieurs hôpitaux d'une même région permettraient de se poser la question d'une mise en commun et de mutualisation de moyens, soit en fonctionnement normal, soit de secours mutuel en cas de sinistre.

Il est intéressant de raisonner inter-hôpital

Pour bien des hôpitaux de taille moyenne, il est probable que les infrastructures informatiques n'atteignent pas la masse critique qui justifie une exploitation autonome. Cette affirmation tient aussi à ma conviction personnelle.

Deux pistes d'optimisation semblent intéressantes à regarder :

- Le binôme : deux hôpitaux à moins de 100 km de distance mettent en commun leurs moyens qu'ils conservent répartis sur les deux établissements. Cette solution a le mérite de la transition en douceur. En terme de PCA, un hôpital devient secours de l'autre.

- La mise en commun plus forte de quelques établissements qui déversent leurs moyens dans un centre informatique partagé (via une structure de GIE par exemple) cela présenterait beaucoup d'intérêt d'un point de vue financier et de discipline de service en particulier. Ce centre consolidateur se trouverait au barycentre géographique et il serait en mode dual (partiellement doublé).

Ces deux pistes proposeraient une meilleure professionnalisation de l'informatique et permettraient une bonne résistance au sinistre.

Vers une informatique stratégique

Les évolutions technologiques à l'hôpital mettent l'informatique au coeur de toute avancée.

Faut-il continuer à dormir et laisser l'informatique devenir subrepticement stratégique ?

Ou faut-il prévoir les évolutions et leur maîtrise ? de manière à se garantir un réveil serein...
Emmanuel Besluau
Mercredi 30 Juin 2010

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