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Le RPCA doit-il s'occuper des risques ?


Nous voyons trop souvent dans nos missions des RPCA qui ne jouent aucun rôle en matière de risques.

Cela ne fait pas partie de leur mission pour diverses raisons, pas toutes valables.

Or nous pensons que cet attitude n'est pas à recommander. Réflexions sur le sujet.



Le RPCA doit-il s'occuper des risques ?

"On ne peux pas tout prévoir"

Cette phrase est souvent prononcée par les RPCA qui estiment probablement pouvoir ainsi se dédouaner.

Or, s'il est vrai que la prévision des risques n'est pas une discipline fiable à 100%, il est irresponsable de ne pas au moins chercher à découvrir ce qui risque de "nous tomber sur la figure" comme on dit.

Il existe des travaux reprenables, citons :

  • le DDRM ou Dossier Départemental sur les Risques Majeurs qui identifie les risques naturels et technologiques majeurs sur un département et liste les communes les plus exposées

  • les classements en catastrophes naturelles effectués par les préfets sur les dernières années permettent de prendre conscience de ce qui a eu lieu (et peut donc se reproduire)

  • les observatoires régionaux des risques majeurs qui tiennent informés et font des retours d'expérience

  • le site www.prim.net qui compile beaucoup de choses intéressantes qui concernent les risques

  • le Plan communal de sauvegarde (quand il y en a un) qui prépare les acteurs à la gestion de risques naturels, risques sanitaires ou risques technologiques

  • toute présentation des risques effectuée par les communes ou agglomérations de communes

  • etc...

Ces documents ou sites web permettent de prendre connaissance de ce que les autorités envisagent et prévoient. Il est aisé de les consulter. Il est très intéressant, voire indispensable, d'en tenir compte.


"Quelqu'un d'autre s'en occupe déjà"

Deuxième argument entendu : il existe un Risk Manager ou responsable des risques qui s'en occupe, à quoi bon refaire son travail ?

C'est vrai que ce risk manager "s'occupe des risques" mais est-ce ceux qui nous préoccupent ?

Il existe des centaines de classements de risques de diverses natures et ceux qui concernent le RPCA ne sont peut-être pas dans la liste !

Récemment dans une réunion où j'accompagnais un RPCA, nous rencontrions un risk manager. Celui-ci a déroulé devant nous les risques dont il "avait la charge" :

  • risques de mauvaise contrepartie

  • risque de marché

  • risque de désorganisation sur nouvelle affaire

  • risque d'engagement de contrat

  • risque de cours (sur le dollar)

  • risque de mauvais reporting

  • risque de PCA déficient (sic !)

  • etc.

Dans cette liste, aucun ne correspondait à la préoccupation du RPCA (sauf le dernier ...) qui est donc sorti de réunion avec l'idée qu'il fallait qu'il découvre ses risques à lui !

Quelqu'un d'autre s'occupe des risques, certes, mais pas de ceux qui nous concernent et doivent nous préoccuper !

Ce n'est pas parce que le mot magique "risque" est prononcé que cela nous dédouane de nous en occuper.

Il est donc indispensable de faire le point avec le responsable des risques pour voir ceux qu'il considère dans son travail et décider avec lui d'un modus vivendi harmonieux. L'un de ces modus vivendi peut concerner la méthode d'appréciation.


Moralité : il faut s'en occuper sans complexe !

Il faut s'en occuper sans marcher aucunement sur les plates-bandes des autres.

En effet de deux choses l'une :

  • soit les risques du RPCA ne sont pris en charge par personne, alors il doit s'en occuper

  • soit ses risques sont pris en compte, alors il doit impérativement voir comment pour en tenir compte

Un RPCA ne peut travailler sans connaître ses risques et leurs effets, illustration par l'exemple :

  • Il est prévu dans un PRA que, en cas de perte du site IT (on ne sait pourquoi, en absence d'étude de risques), on bascule vers un site de secours à 30km. Hélas, ce site est dans la même zone proche inondable que le premier !

  • La municipalité a prévu, en cas de montée des eaux, de faire évacuer la zone XXX qui est justement celle où le RPCA veut faire venir sa gestion de crise et la cellule opérationnelle

  • En cas de sinistre sur la zone Sévéso proche (mais dont le RPCA ignore malheureusement l'existence) il est prévu par les pompiers de couper le courant sur la zone de l'entreprise (le RPCA compte sur son générateur, mais il n'aura pas le droit de le démarrer !)

  • Une fois par an, on teste la bascule d'une partie de l'informatique. Pour cela les ingénieurs système se rendent dans leur bureau. Ils ne savent pas qu'en cas d'inondation, ils ne pourraient pas travailler de leur bureau ! Ce test donc ne prouve rien (ou pas grand'chose) car il ne reproduit pas un scénario vraisemblable. Le jour du sinistre, on aura l'air malin...

On le voit sur ces exemples, sans connaissance assez fine des risques, il n'est pas possible de prévoir la bonne réponse au sinistre dans le bon contexte. Il est indispensable de connaître son "champ de risques".


Conclusion : le RPCA doit connaître ses risques

Qu'ils soient étudiés par d'autres ou qu'il ait besoin de s'en occuper lui-même, le RPCA doit disposer d'une appréciation des risques pour au moins trois raisons :

  • pouvoir prévoir une réponse adaptée et efficace au sinistre ou à l'arrêt

  • tenir compte et bénéficier de ce que d'autres (comme les autorités) ont prévu : des moyens divers ont quelquefois été préparés (générateurs ErDF) : il est utile de le savoir et de l'intégrer aux PRA ou de le compléter intelligemment

  • enfin dernier point très important : connaître ses risques de sinistre permet de mettre en place des surveillances et des remontés d'alertes pour se préparer et anticiper leur survenue quand c'est possible.

Le RPCA doit donc "raisonner risque" avec ses propres objectifs. C'est un axe très important de son travail.

Emmanuel Besluau
Lundi 15 Février 2016

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