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Peut-on durer sur le cloud sans maîtrise technologique ?


Tout le monde veut offrir des "choses en cloud".
Est-ce pourtant à la portée de tous ?



Le cloud est un nouvel univers à opérer !

Offrir des services en cloud, que ce soit en PaaS (platform as a service) en IaaS (Infrastruture as a Service) ou SaaS (Software as a Service) nécessite un minimum de préparation.

D'abord, il faut savoir exploiter des moyens techniques (serveurs, réseau, stockage) en grande, voire très grande, quantité et cela n'est pas à la portée du premier venu ! On ne fait pas vivre 50.000 serveurs en extrapolant ce que l'on fait pour 500...ou alors c'est bien trop cher !

Ensuite il faut pouvoir assurer la qualité de service en conformité avec les SLA.

Exemple : supposons qu'en cas de panne dans le data center vous ayiez quarante clients (sur vos 500 inscrits) qui doivent être redémarrés en moins de vingt minutes sur un autre centre régional et que trois sur ces quarante doivent passer par des connexions cryptées. Comment faites vous cela dans les délais sans les bons outils ? Et d'abord comment avez-vous détecté de manière pro-active la panne ? Pas simple du tout !

Maintenant, multipliez tous ces chiffres par 1000...voire 10 000 : vous suivez toujours ?

L'opérateur de cloud est sous contraintes !

Autre aspect qui peut sembler anodin mais ne l'est pas : peut-on offrir des temps de réponse très courts "à la Google" tout en respectant les protocoles de communication normés entre ses moyens ? La réponse est non ! Il faut bipasser les stacks entre machines ou entre centres, dit autrement, il faut avoir des développements propriétaires pour être plus rapide et moins cher que ce que tout un chacun pourrait faire chez lui avec des moyens du commerce ! Ceci n'est pas à la portée du premier venu.

Imaginons maintenant que la société "XYZ" veuille offrir en mode SaaS un logiciel du marché sur le cloud et posons comme hypothèse qu'elle n'est pas l'éditeur dudit logiciel. Que se passe-t-il pour elle concrètement ?

  • pour les incidents : elle est obligée d'escalader vers le ou les fournisseurs concernés avec les lourdeurs et renvois de balle que cela suppose ;
  • pour les évolutions : elle doit subir ce que décide le fournisseur éditeur avec les effets induits (son évolution obligatoire n'est pas compatible avec tel autre produit qui doit donc lui aussi évoluer etc.) bref : difficulté en vue !
  • pour les services : quelle valeur ajoutée peut-elle vraiment avoir dans cette situation, coincée entre un éditeur qui fait ce qu'il veut et un usager qui pressure les prix ? la différentiation compétitive n'est pas évidente, sauf à avoir déjà une position forte en service sur le net !

Ces quelques exemples montrent bien qu'un offreur en cloud ne peut vivre en assemblant les technologies du marché et en proposant simplement des services sur le net empilés les uns à côté des autres sans maîtrise d'au moins un ou deux éléments. Sinon il s'enferme dans des contraintes diverses et incompatibles qui empêchent son business model de fonctionner.

Qui peut faire quoi ?

Ainsi donc, si l'on poursuit la logique, à quoi aboutit-on ? A des conclusions intéressantes :

  • Le mieux placé pour offir du SaaS est l'éditeur du logiciel lui-même !
    IBM est le mieux placé pour faire du Lotus en SaaS, Microsoft pour Exchange, Salesforce pour son CRM, idem pour SAP avec ses propres outils !

  • Les offreurs de PaaS ou d'IaaS doivent maîtriser des couches middleware ou des outils de gestion très sophistiqués sur des matériels banalisés ! Les infogéreurs du marché ne sont a priori pas dans cette situation ! Gérer des configurations clients spécifiques ou gérer des plateformes indifférenciées, ce n'est pas du tout la même chose ! C'est un autre métier qu'il faut apprendre !

  • Les produits de gestion en monde cloud sont des outils nouveaux et captifs. L'opérateur se garde l'outillage pour offrir son service ; il ne cherche pas à le vendre. Quelques offres intermédiaires (comme Cloudburst chez IBM ou encore 3Tera chez CA) sont encore incomplètes et peuvent peut-être servir de contrexemple à cette règle.

  • Les gros opérateurs en cloud actuels (genre Amazon ou Google) vont pouvoir étendre leurs offres avec du SaaS, mais uniquement avec leurs logiciels maisons : un Google n'offrira pas du MS Word, il a déjà son offre interne. L'open source permettra ainsi aux offreurs de gagner du temps et de préserver leur indépendance des éditeurs.

Tout ceci est à suivre pour voir qui s'imposera dans la durée...
Emmanuel Besluau
Jeudi 5 Août 2010

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