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Pourquoi Oracle menace-t-il IBM ?

partie de go en cours


Dans une récente déclaration le big boss de big blue Sam Palmisano a affirmé qu'il craignait plus Oracle qu'HP...

Nous avons une vision très semblable chez Duquesne Group. Pourquoi ?



Pourquoi Oracle menace-t-il IBM ?

La réalité du terrain

Regardons ce qui se passe sur le terrain pour l'existant installé en infrastructure informatique.

Les grands comptes sont tous très bien équipés en matériels :

  • du mainframe (un peu), c'est un système à part disposant de sa propre économie, mettons-le de côté;
  • des systèmes Risc/Unix des trois fournisseurs traditionnels que sont IBM, HP et Oracle-Sun;
  • des systèmes x-86 des habituels intégrateurs que sont HP, Dell, Acer et autres IBM voire à la marge Oracle-Sun, qu'ils soient sous Windows (majoritaire) ou Linux.

En termes de base de données, on trouve essentiellement :
  • Oracle sur les Unix et Wintel;
  • MS-SQL Server sous Windows;
  • DB2 sur matériel IBM;
  • de l'Open source, genre mySQL (Oracle).

Voilà à grands traits la base installée, qui est donc marquée par un fort éclatement entre bases technologiques diverses.

Un effort de rationalisation

La grande préoccupation des responsables est de rationaliser !

Il faut en effet diminuer la diversité pour réduire la complexité, augmenter la qualité et baisser les coûts.

Comment faire ?

Les architectes informatiques recherchent dans ces situations les "invariants techniques." On appelle ainsi une technologie qui rend possibles des évolutions partielles.

Exemples :
  • pour les serveurs x-86, Windows Server est un invariant technique : en dessous vous pouvez avoir des serveurs Dell ou HP indifféremment ou presque.
  • pour les serveurs Unix, il n'y a rien de tel...sauf Oracle une couche plus haut : vos applications Oracle vont tourner sur Oracle et tout système qui peut l'accueillir. Vous pourrez passez d'HP-UX à IBM-AIX plus facilement si vous êtes au-dessus d'Oracle que si vous êtes en natif.
  • a contrario sur DB2 vous êtes liés à du matériel IBM et sur SQL server vous êtes lié à Windows...

On le voit clairement : Oracle SGBD est un excellent candidat au titre d'invariant technologique. Il n'y a guère que sur le mainframe qu'il ne puisse fonctionner !

Et l'exploitation ?

Les outils d'exploitation sont aussi un lieu d'adhérence traditionnelle entre l'utilisateur et son matériel.

Que constate-t-on ?

On voit sur la base installée qu'un grand acteur s'est imposé : IBM avec sa gamme Tivoli.

D'autres acteurs essayent de se déployer sur un existant disparate : Computer Associate ou BMC ont quelques succès sur des solutions dites "ponctuelles", HP aussi cherche à s'imposer mais son manque de culture de la production et ses outils incomplets n'arrivent pas à pousser IBM dehors (la division logiciel d'HP est loin dans les classements : une erreur de Hurd ?)

Un autre acteur a investi et construit en toute tranquillité son offre d'administration : Oracle sur sa base elle-même. Oracle dès que sa base installée est conséquente vient disputer à IBM le titre d'outil de référence d'administration. Les offres DataGuard et RAC sont très fortes pour tailler des croupières à IBM...ou autre qui se trouve marginalisé comme constructeur devenu interchangeable.

Qui va rendre l'autre interchangeable ?

Ainsi donc, la compétition peut se résumer à une sorte de jeu de go : il faut introduire son invariant technologique pour rendre l'adversaire interchangeable !

Quand c'est fait, le client l'éliminera tout seul !

Il s'en suit bien évidemment une dépendance du fournisseur d'invariant...Un responsable d'infrastructure IT disait récemment : "nous sommes passés d'une dépendance d'IBM (mainframe et AIX) à une dépendance d'Oracle, car ses SGBD et outils ont supplanté tout."

Ainsi donc, après s'être rendu incontournable dans le middleware par sa base historique (Oracle SGBD) et ses acquisitions (ex : BEA et WebLogic entre autres...) Oracle est capable de rendre interchangeables HP et Dell (qui le sont déjà en monde x-86) et surtout IBM !

Questions pour l'utilisateur

Pour les responsables de l'informatique, les questions à se poser sont donc :

  • quel invariant choisir ?
  • quels fournisseurs rendre interchangeables ?

Sachant que les conséquences des réponses à ces questions sont très importantes !

Nous allons dans les jours qui viennent développer cette analyse et publier sur notre site.

à suivre donc...
Emmanuel Besluau
Lundi 20 Septembre 2010

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