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SAP HANA : une optimisation multiconstructeur pour les applications SAP


SAP optimise tous azimuth avec l’aide des grands constructeurs de serveurs x-86. Avec sa machine HANA, SAP accélère drastiquement ses applications.

En direct du Cebit, voici une analyse sur ces démarches d'optimisation. Une arme anti-Oracle-Sun ?



SAP HANA : une optimisation multiconstructeur pour les applications SAP

« In memory » change la donne

SAP, dans la mouvance de son cofondateur Hasso Platner, prône depuis quelques années le « in memory computing » qui consiste à effectuer les traitements prioritairement en mémoire principale et à limiter tout accès disque nuisible au temps de réponse.

Rappelons qu’un disque répond en quelques millisecondes alors qu’une mémoire principale réagit en nanosecondes (mille fois plus vite) ; on voit par ces chiffres tout l’intérêt de l’approche pour gagner en performance dès lors que l’on peut monter en mémoire toutes les données à traiter. L’explosion des tailles mémoire et les baisses de coût rendent cette optimisation possible aujourd’hui.

Le hic cependant est qu’en cas de panne ou de coupure de courant tout ce qui est en mémoire est perdu, alors que le disque conserve tout. Cette difficulté a amené SAP à concevoir une architecture de machine supportant des pannes et dans laquelle par exemple les écritures en mémoire sont réalisées sur plusieurs bancs mémoire de machines couplées et séparées potentiellement de quelques kilomètres. SAP recourt aussi à de la mémoire flash, qui même si elle n’est pas aussi rapide (loin s’en faut) que la mémoire principale, permet une étape tampon non volatile salutaire.

Des offres ont ainsi été construites en liaison étroite avec les constructeurs : IBM, HP, Fujitsu et Dell ont une offre SAP HANA (comprenez de type « in memory ») en catalogue. Ces offres utilisent des briques de base des différents constructeurs et présentent des formes d’optimisation à partir de matériels et logiciels du marché.

SAP stratégiquement opposé à Oracle ?

L’intérêt stratégique de SAP dans cette approche est de concurrencer Oracle qui depuis son rachat de Sun peut construire des offres optimisées matériel+logiciel « maison » en puisant dans la technologie Sun rachetée.

Par comparaison, HANA constitue un assemblage assez transparent de composants : système de serveur x-86 de chez HP, Dell ou IBM, par exemple, un Linux Suse adapté et agrémenté d’un système de fichier réparti (comme GPFS chez IBM) et enfin un développement spécifique SAP HANA.

Le tout constitue une boîte dotée d’une mémoire vive très importante (de 128 Go à 1024 Go sur machine IBM par exemple) et capable de monter en nombre de cœurs de processeurs exploités (jusqu’à 64 cœurs ?). L’arrivée des nouveaux processeurs Intel permettra de monter encore la barre plus haut.

Indispensable pour des calculs analytiques à la volée

Les calculs analytiques portent de plus en plus sur de très nombreuses données très complexes et variées constituant de gros volumes (mesurés en To). Il n’est pas rare de voir ce genre de calcul lancé en batch ou par des traitements qui sont prévus pour durer de quelques minutes à quelques heures sur des machines traditionnelles… « on aura le résultat demain ».

L’arrivée de machines du type d’HANA permet de réduire la durée de calcul à quelques secondes, voire moins. Cela rend ce type de démarche très interactive et le calcul analytique utilisé comme aide à la décision opérationnelle devient réalité et donc se répand dans l’entreprise.

Présent au Cebit, le DSI de Ferrero indique que le recours à HANA lui a permis de réduire les temps de calcul de trois jours à un seul et donc de pouvoir rejouer des traitements complémentaires.

La démarche SAP est alors évidente : faire bénéficier de l’aide HANA toute sa gamme d’applications décisionnelles (le datawarehouse BW, les outils Business Object par exemple). Ces applications trouvent en entreprise un nouveau rôle car elles sont désormais beaucoup plus appropriées à une prise de décision en ligne avec les événements que l’on analyse.

Un substitut à Oracle ?

HANA peut devenir un accélérateur à applications SAP. Si l’on ajoute à cela que HANA est aussi une boîte SQL, on peut imaginer qu’elle peut se substituer à un SGBD comme Oracle par exemple. Les clients ayant de grosses bases Oracle attaquées par des applications SAP un peu lourdes apprécieront.

Lors du Cebit, ce sujet de concurrence possible d’HANA contre Oracle n’est pas abordé de front par les responsables SAP. Deux raisons à cela : la substitution entre les deux est loin d’être totale et ne se pose que pour des cas où Oracle a aussi des optimisations à offrir. La deuxième raison est plus sensible : SAP fait une part très importante de son chiffre d’affaires (70% ? 80% ?) avec le coopétiteur Oracle : pas question de risquer de casser un tel écosystème !

Il sera intéressant de suivre la manière dont le marché acceptera HANA.
Emmanuel Besluau
Vendredi 9 Mars 2012

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