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To be or not to be...Open Source


Quelques événements récents viennent jeter une ombre quelque peu morbide sur le monde de l'Open Source.
Est-ce une approche viable ? et où sont les risques pour l'utilisateur ?



Les mauvaises nouvelles sont fondées

Coup sur coup, trois événements récents ont porté une ombre inquiétante sur les communautés Open source. Citons les :
  • Oracle -ayant racheté Sun- annonce son absence de soutien d'OpenSolaris ;
  • Ubuntu -une distribution Linux- annonce qu'il ne supportera plus ni Itanium, ni Sparc ;
  • Mandriva -l'éditeur Open source français- quitte la Bourse et surnage difficilement.

Bien sûr, il existe des optimistes pour expliquer tout cela positivement :
  • si OpenSolaris s'arrête, il y aura Illumos pour prendre le relai...
  • Itanium et Sparc ont peu de base installée (pour le premier d'accord, mais Sparc ?)
  • Mandriva se restructure pour être viable...

Nous préférons y voir une logique économique simple mais implacable :
  • Oracle ne veut pas publier en Open Source son code propriétaire ;
  • Ubuntu n'a aucun succès sur Itanium et Sparc (où règne le vrai Solaris) ;
  • le modèle économique de Mandriva n'est pas viable.

Par ailleurs, dans les diverses enquêtes qui sont faites sur les serveurs (ex : le CRIP en 2009), il est clair que l'Open Source se cantonne sur disons 15% du marché en volume, pas plus, mais pas moins non plus.

Enfin, une visite au Cebit en mars dernier était sans appel : la place réservée à l'Open Source diminue et la fréquentation est en berne...

Qui s'en sort et comment ?

Parmi les acteurs qui survivent -et même vivent confortablement- dans l'open Source, on peut citer trois situations qui sont caractéristiques de ce qui peut fonctionner dans ce monde :

1/ Red Hat : dont le chiffre d'affaire ne cesse de progresser avec des résultats positifs. Le milliard de Dollars annuel est en vue. Ses contrats de souscription connaissent un succès clair (+18% en 2009 par rapport à 2008) et Red Hat s'engage à maintenir son Linux sur dix ans. Bien sûr cela se fait avec ses propres "builts" (modules préparés) et outils.

2/ Mozilla, Apache et autres communautés importantes : Mozilla par exemple a tous les moyens nécessaires pour développer ses Firefox et Thunderbird, prendre en compte les évolutions technologiques récentes (comme le multi-touch), optimiser les performances, améliorer la sécurité de ses outils, etc.

3/ IBM ou HP qui vendent des matériels spécialement étudiés pour Linux. Comme le disait récemment un responsable IBM : "quand le café est gratuit, je vends des tasses et du sucre."

Quelles leçons en tirer ?

Les acteurs qui prospèrent en Open Source ont mis en oeuvre l'une ou l'autre des stratégies suivantes :

La stratégie de la fermeture (closed source ?) qui est clairement celle de Red Hat. Il s'agit de livrer au client un code qu'il ne peut pas faire évoluer facilement, de manière à pouvoir assurer dessus une maintenance sérieuse et fiable rémunérée. Cette manière de faire sécurise le client, même s'il s'agit d'une entorse de fait à la philosophie Open.

La stratégie de l'alternative face à un leader : est celle de Mozilla. Pouvoir faire vivre un produit qui n'est pas celui de l'acteur dominant (ici une alternative à IE de Microsoft) vaut de l'or pour peser face à lui. Le risque pris dans le cas présent n'est pas très fort pour l'utilisateur. Bien des acteurs sont prêts alors à cotiser pour maintenir l'alternative viable.

La stratégie opportuniste, qui est celle d'IBM (et accessoirement d'HP) par exemple : elle est facile à exprimer sous forme de vente de matériel en complément d'un existant différent et propriétaire. Les Integrated Facility for Linux (IFL) d'IBM en sont un parfait exemple dans un contexte mainframe. Pour entretenir l'intérêt, IBM collabore aux initiatives majeures.

Ainsi donc, même si cela semble loin des idéaux de départ, la fermeture, l'alternative viable et l'opportunisme semblent être les mots d'ordre gagnants...Il semble en tout cas que toute stratégie qui n'entre pas dans cette liste soit vouée à l'échec !

Quelles précautions doit prendre l'utilisateur ?

En fonction de ce qui précède, l'utilisateur de logiciel dit Open source doit réfléchir à sa situation :

  • Il faut déterminer la stratégie de ses fournisseurs : est-ce l'une des trois ci-dessus ? ou est-ce une autre situation ?
  • Pour le cas "autre situation" il faut déterminer les risques : communauté forte et unie ? innovation réelle ou suivisme ? maintenance aisée ? prestataires fiables ? finalement, cela doit aboutir à une alternative viable !
  • Pour la stratégie de "fermeture" : il faut vérifier que cela est conforme à ce que veut faire l'entreprise et que le distributeur est solide.
  • Pour la stratégie d'alternative : c'est la situation la plus intéressante, car elle nécessite une veille sur ce que les principaux acteurs réalisent et décident. Il faut en effet déterminer le moment ou ladite alternative risque de ne plus être viable et donc perd de sa crédibilité. A l'inverse, il faut participer aux initiatives nouvelles et intéressantes, ce qui est difficile à identifier...
  • Pour la stratégie opportuniste : il faut s'assurer que l'alternative propriétaire pourrait convenir en cas de repli dû à un arrêt par le fournisseur.

Ces quelques lignes directrices sont à considérer pour construire une stratégie d'utilisateur Open Source.
Emmanuel Besluau
Mardi 24 Août 2010

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