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Principe de précaution ou obscurantisme ?



S’il est un principe à la mode depuis des années, rappelé à tout propos dès qu’une catastrophe se produit, c’est bien le « principe de précaution » ; d’où la question : comment situer ce « principe » et l’utiliser correctement ? Par exemple, quand un volcan se réveille …



Principe de précaution ou obscurantisme ?
Le principe de précaution consiste à dire : « quand on ne connaît pas un risque, on s’abstient ». Or la démarche scientifique est tout autre, elle préconise : « quand on ne connaît pas un risque, on cherche à savoir ce qu’il en est, en l’étudiant ». La tendance à se borner au principe de précaution peut s’apparenter, si elle est trop forte, à un refus de savoir, bref à de l'obscurantisme…

L’affaire récente de l’éruption du fameux volcan islandais au nom imprononçable est un cas d’école intéressant car il nous permet de cadrer l’usage du principe. La première réaction fut en effet d’appliquer le principe de précaution devant l’ignorance du phénomène. La deuxième fut de réaliser des vols test et des mesures par satellite pour le comprendre.

Les annulations ou modifications des plans de vols des compagnies aériennes ressemblent ainsi plus à une démarche scientifique qu’à la pure application du principe de précaution.

Dans un premier temps, devant l’ignorance du phénomène, la précaution s’imposait en effet. Mais fort heureusement, les autorités ne se sont pas arrêtées là et des études de risque et d’impact ont judicieusement été réalisées. Le nature exacte du phénomène a été cernée, les effets sur les réacteurs d’avion étudiés, des seuils critiques de densité des nuages calculés : tout ceci procède de la démarche scientifique.

Ces études ont permis de définir des zones où la densité faible ou nulle du nuage de cendre permettait de faire passer les vols. Les paramètres qui servent à la prise de décision sont désormais compris et utilisés. Il est désormais possible d’avoir des règles et mesures convenables pour décider du maintien ou non des vols voire de leur déroutage. Bref, le phénomène et son champ de risque sont désormais compris grâce à une démarche scientifique. La prise de décision est éclairée.
On peut en conclure que le principe de précaution ne devrait s’appliquer durablement que lorsque l’analyse et la compréhension sont impossibles ou ne donnent pas de résultat. Sinon, il s’agit de refus de comprendre, bref d’obscurantisme. Manions donc le principe de précaution…avec précaution !
Emmanuel Besluau
Mercredi 12 Mai 2010

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